Coupures irlandaises, une BD par Kris et Vincent Bailly, Futuropolis 2008, 80 pages, 2008


Présentation de l’éditeur :

À l’occasion d’un voyage linguistique à Belfast, deux jeunes bretons, Nicolas et Chris, découvrent la dure réalité du conflit Nord Irlandais.
Le voyage est long pour les apprentis polyglottes et l’arrivée en Ulster les surprend. Pluie, grisaille, douaniers nerveux, pluie, militaires, barrages, pluie…
Autre déconvenue : nos deux amis n’habiteront pas sous le même toit, Nicolas restera dans une famille ouvrière catholique alors que Chris doit se rendre chez une famille protestante nettement plus aisée.
Chris se sent peu d’affinités avec eux. Trop gentils pour être honnêtes.
Mais pour les deux jeunes gens, la découverte de l’Irlande passera également par la découverte des filles…

Un dossier de 16 pages complète ce récit avec la participation d’historiens spécialistes de l’Irlande du nord, mais aussi de différents acteurs du récit et du conflit.

Ce que la publivore en a pensé :

Après avoir découvert avec délectation l’adaptation du roman de Joseph Joffo, Un sac de bille (chroniqué ICI) par les mêmes dessinateur et scénariste, j’ai été très tentée par cette BD historique, publiée antérieurement.

L’histoire est moins niaise qu’il n’y paraît dans la la description de l’éditeur : on pourrait se dire : « mouaif, un voyage linguistique d’ados, avec des anecdotes du type « à nous les petites anglaises », au temps pour moi, mais merci-non merci …  »

Car au final, cette BD inspirée de l’expérience de Kris, qui a véritablement fait ce voyage dans sa jeunesse, est globalement une bonne surprise pour le lecteur.

J’ai bien entendu retrouvé le même trait, la même palette, tout à fait réussie, de Vincent Bailly. Les planches, travaillées, révèlent aussi bien l’ambiance bretonne qu’irlandaise. Les moyens de transports – les bus, les trains (quelle expédition pour se rendre en Irlande à l’époque !!) – sont aussi bien détaillés que dans l’autre titre  récemment découvert.

Les regards m’ont semblé aussi plus que réels : j’ai ressenti  l’amour, la hargne, le peur en observant les personnages. C’est fou ce que le dessinateur peut communiquer en termes d’émotions, de mouvements et de ressenti au travers de ses couleurs, ses ombres, ses lumières. Bref, un beau travail.

Ensuite, le scénario qui se déroule au départ dans une ambiance de franche camaraderie va laisser place, petit à petit, à la découverte du conflit qui sème la terreur en Irlande du Nord à cette époque. Les ados vont peu à peu perdre leur insouciance et réaliser avec stupéfaction ce que représente cette situation de guerre civile, la difficile réalité vécue par chaque camp.  L’angoisse va crescendo, la tension monte jusqu’à …. je n’en dis pas plus !! L’histoire est franchement bien menée, et ne peut laisser indifférent. Finalement, c’est aussi sa simplicité qui percute ; pas besoin de fioritures pour marquer le lecteur ; accessible,  ce voyage initiatique peut être lu par le plus grand nombre.

En revanche, cela se complique dans le dossier des 16 dernières pages. Trop long ? Un parti pris trop évident ? Des textes finalement pas toujours clairs ? Bien que l’idée soit très bonne pour éviter de laisser le lecteur dans le flou total concernant cette guerre civile, il y a quelque chose qui m’a gênée dans ces dernières pages que j’aurais pu considérer pourtant comme un vrai plus.

Hormis ce bémol, je recommande la lecture de cette BD historique, somme toute intelligente et bien menée.

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A propos lapublivore

Bienvenue sur mon blog de lecture ! Juste une envie de partager mes coups de cœur, mes coups de griffe, et mon amour des livres. Je ne peux m'empêcher, de façon générale, de donner mon avis sur tout, alors maintenant, c'est officiel -en ce qui concerne les bouquins du moins- je sévis sur la toile :) Bonnes lectures à tous
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2 commentaires pour Coupures irlandaises, une BD par Kris et Vincent Bailly, Futuropolis 2008, 80 pages, 2008

  1. Ping : Un sac de billes, une BD adaptée du roman de Joseph Joffo, par Vincent Bailly et Kris, Première partie, Futuropolis, 62 pages, 2011 | La publivore

  2. XL dit :

    je suis assez d’accord avec ce que tu dis sur le dossier
    mais hélas je n’ai pas du tout accroché avec ce style de dessin

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