La terrasse des paresseux, carnets marocains, de Véronique Bruez, 299 pages, Edtions Léo Scheer, juillet 2011


Un genre littéraire inattendu pour la publivore, mais loin d’être désagréable !  

En voilà une lecture inatendue, insolite, étonnante. A l’image de la personnalité de Marie, l’amie qui m’a  si gentiment fait parvenir cet ouvrage, pour une dégustation immédiate ! La généreuse et attentionnée coquine ne m’avait pas prévenue ; je m’attendais à un roman. Et diantre, mais comment classer ce livre ? Roman ? Certes non. Essai ? A en croire la définition dégotée dans le dico, cela ne correpond pas franchement non plus. Miscellanées ? On se rapproche … Journal intime ? Oui, c’en est un, mais pas du tout tel que vous l’imaginez.

Un inclassable, donc.

Pour les impatients, voici ce qu’en dit l’éditeur (que je félicite en passant pour la belle qualité du papier utilisé et de la reliure, chic & sobre):

Changement de poste, changement de monde  : Véronique Bruez est nommée à Marrakech, et une nouvelle vie commence.
Elle tient la chronique détaillée de cette expatriation dans son journal intime. Les surprises, les émerveillements de la découverte du Maroc, mais aussi le désenchantement s’y mêlent aux amours, aux souvenirs, aux incertitudes d’une jeune femme plongée dans un univers inconnu et qui jette sur lui, comme sur toutes choses, un regard acéré.
Soutenus par une écriture allègre et inventive, ces carnets marocains offrent un regard neuf, débarrassé des clichés habituels, sur un pays que l’on croyait connaître. Ils ne l’en rendent que plus attirant, et plus mystérieux encore.

Véronique Bruez, après des études de lettres classiques à la Sorbonne, part pour l’Italie  : Venise, Rome, les Pouilles, la Sicile, et surtout Naples où elle passera cinq ans. Elle a commenté Pétrone, traduit un manuscrit du Pogge, exhumé un texte inédit de Dumas. Elle vit au Maroc depuis 2004 et travaille depuis quatre ans dans le monde du cinéma. La Terrasse des Paresseux est son premier livre.

 Ce qu’en pense la publivore :

Epicée comme la Maroc, cet ouvrage a été une sacrée surprise,  ô combien savoureuse. Une fois le très beau préambule passé (et même relu !), je dois reconnaître avoir été franchement déroutée en début de lecture : peu habituée à ce type de livres, mon cerveau s’est montré récalcitrant à « entrer » dedans. Peu à peu, je me suis laissée bercer, envoûtée par ces paragraphes qui au départ, me paraissaient totalement décousus, incompréhensibles, sans lien. Désarçonnée lors des premières pages, j’ai donc ensuite été vite  happée par ce livre hors du commun.

L’auteure y jette, en vrac, ses états d’âme, des citations glanées çà et là, des phrases attrapées au vol, des surprises linguistiques et culinaires, des réflexions, des descriptions de paysages visités, du choc des cultures, de ses amours et désamours, …. Tantôt drôle, tantôt plus grave, ces réflexions ne peuvent laisser indifférent. On y trouve aussi bien des remarques sur la vie religieuse, que sur la politique, le sexe, les animaux. Variées et hétéroclites.

En fin de compte, le lecteur peut prendre ce livre à n’importe quelle page, ne lire que quelques paragraphes, les goûter avec délectation, le refermer, et recommencer. Sincèrement, je pense que cet ouvrage fait partie de ceux que l’on laisse traîner chez soi, pour le feuilleter régulièrement, sans se résoudre à l’oublier dans une bibliothèque, fermé définitivemment après la dernière page tournée.

Durant cette lecture, on s’arrête souvent ; je confesse avoir annoté au crayon de bois, dans la marge, les paragraphes qui m’interpellaient particulièrement (tout en me refrénant, car de nombreux passages suscitaient mon attention). J’en partage avec vous quelques-uns :

Jean-Luc : « Il faut arrêter de vivre dans les contes avec Messaoud. Surtout que vous n’êtes pas vraiment dans le même, toi dans Blanche-Neige et lui dans Les Mille et Une Nuits. »

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L’amour, c’est quand la névrose de l’autre n’est pas rédhibitoire.

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Recueil sur la politesse, la volupté, les meurtres et les sentiments agréables d’Anne-Thérèse de Marguerat, marquise de Lambert, qui tenait salon pendant la Régence : « Nous vivons avec nos défauts comme avec les odeurs que nous portons : nous ne les sentons plus ; elles n’incommodent que les autres. »

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Il aime mon amour. Un peu parce que c’est moi et un peu autre chose. Dans la possession autant que l’amour. Parce que ça le flatte. Il se regarde dans la glace de l’ascenseur avec moi. Je n’ai jamais connu un homme si narcissique. A croire qu’il m’a choisie pour que je lui renvoie des choses intéressantes qu’il ne pouvait pas se formuler à lui-même.

*************

« Je n’ai pas de vie spirituelle.

– Dire ça, c’est déjà en avoir une » me dit Gabriel.

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En bref, je vous recommande ce livre, pour vous, baroudeurs de la lecture à qui l’originalité ne fait pas peur, et je remercie grandement mon amie pour cette découverte heureusement partagée, et félicite Véronique Bruez pour ce premier ouvrage, très prometteur.

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A propos lapublivore

Bienvenue sur mon blog de lecture ! Juste une envie de partager mes coups de cœur, mes coups de griffe, et mon amour des livres. Je ne peux m'empêcher, de façon générale, de donner mon avis sur tout, alors maintenant, c'est officiel -en ce qui concerne les bouquins du moins- je sévis sur la toile :) Bonnes lectures à tous
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