L’Imperméable, Emmanuel Goujon, Editions Vents d’Ailleurs, 192 pages, 2010


Comme je vous l’avais déjà indiqué, un partenariat avec Blog-O-Book et les Editions Vents d’ailleurs, que je remercie, m’a permis de découvrir ce roman, dont je ne connaissais pas l’auteur. Pas plus que l’éditeur, dois-je avouer. Première chose donc en recevant cet ouvrage : j’observe. Bonne suprise déjà, un papier de qualité, des rabats, une texture agréable. Avec cependant, une couverture austère (ceci dit, vu le thème, je ne m’attendais pas non plus à ce que l’éditeur choisisse une couverture rose à pois.) Je ne vous fais donc pas attendre plus longtemps pour comprendre de quoi il retourne, et vous propose de découvrir le « pitch » qui figure en 4ème de couverture : « Marcel exerce à la fin de la guerre, en 1945, un travail un peu particulier : il écoute et écrit les récits des rescapés de la guerre et des camps.
Il raconte les tranches de vie de Jean, André, José et Yacob,  Marguerite, Tiémoko, Jonathan, Klaus et de Sarah, son amour. Et toujours surgit un personnage, dans les endroits les plus improbables, vêtu d’un imperméable…
Cet homme à la tête de ses cavaliers noirs se révèle un chef révéré, un justicier qui tue avec discernement, qui fait la guerre avec rage, un héros de tous les temps. Il incarne tous ces combattants anonymes, guerriers sans nom et sans gloire. Il apparaît d’une guerre à l’autre, de 14-18 à ­l’Indochine, et partout surgit le même étendard, cet imperméable noir qui semble symboliser les héros oubliés de l’Histoire.
Le doigt sur la sonnette d’une porte, Marcel devenu vieux se pose cette question pour lui existentielle?: l’homme à ­l’imperméable a-t-il existé?? »

Ce roman m’a vraiment interpellée. Certaines descriptions de scènes de guerre se révèlent d’ailleurs très dures – après la lecture de certains chapitres, je devais m’interrompre, pour reprendre mon souffle, avant de prendre le risque de retomber sur un passage « difficile ». Ce livre ne laisse pas indifférent, c’est certain.

Le héros, qui finalement n’est qu’un gamin orphelin armé de peu de repères affectifs, se retrouve à receuillir les témoignages les plus terribles, inimaginables, des rescapés des camps, dans l’hôtel parisien qui acceuille les déportés de retour, hagards et amaigris. Il constitue des fiches pour son supérieur hiérarchique, militaire, qui serviront de témoignage pour les procès de Nüremberg plus tard ; et découvre avec stupéfation les confidences qu’il écoute. Il va finalement enquêter sur un personnage mystérieux, qui ressemble beaucoup au père qu’il aurait aimé avoir : brave, présent pour les plus faibles dans toutes les circonstances. En bref : un meneur bon et fort, qui suscite l’admiration. En recherche de figure paternelle, Marcel va se lancer dans une quête frénétique, sans savoir quel sens lui donner.

J’ai passé un bon (mais douloureux !) moment de lecture. L’écriture est simple, les phrases courtes, parfois percutantes –  souvent à l’occasion de passages qui dénoncent des situations historiques regrettables. Par exemple, en page 61-62, Marcel explique : « On m’a demandé de chercher dans mes fiches quelques personnes méritantes que le gouvernement veut décorer à l’occasion de l’anniversaire de la libération. En vérité je n’ai pas trouvé grand chose. J’ai proposé José, mais on m’a dit que ce n’était pas possible parce qu’il n’était pas « assez français ». Je n’ai pas compris ce que cela voulait dire. »

J’ai parfaitement senti la connaissance « du terrain » de l’auteur, qui décrit admirablement bien les scènes de guerre, les affrontements, mais aussi la prostitution qui accompagne la vie des soldats. Journaliste, il a notamment couvert des guerres et rébellions africaines. Cette expérience personnelle du romancier enrichit indéniablement le récit, frappant de réalisme.

J’aurais cependant un bémol à apporter : sans en dévoiler trop, je comprends que l’auteur ait choisi une fin « ouverte » ; mais je ne suis pas fan de ce type d’épilogue, qui ont tendance à me laisser sur ma faim. Evidemment, cela laisse rêveur, mais j’aurais préféré, en tant que grande curieuse, que la fin tranche plus et apporte une réel point final au roman. Mais ce n’est qu’un avis très personnel ! Je suis d’ailleurs curieuse de savoir si d’autres lecteurs ont aussi eu cette sensation en fin de lecture. A vos commentaires !

Un dernier grand merci à :

et

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A propos lapublivore

Bienvenue sur mon blog de lecture ! Juste une envie de partager mes coups de cœur, mes coups de griffe, et mon amour des livres. Je ne peux m'empêcher, de façon générale, de donner mon avis sur tout, alors maintenant, c'est officiel -en ce qui concerne les bouquins du moins- je sévis sur la toile :) Bonnes lectures à tous
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3 commentaires pour L’Imperméable, Emmanuel Goujon, Editions Vents d’Ailleurs, 192 pages, 2010

  1. Azilis dit :

    Il me tente bien ce roman! j’aime bien lire des romans sur cette période. D’ailleurs, je suis en train de lire Ronde de nuit de Sarah Waters qui se situe juste après la seconde guerre mondiale à Londres. (très belle illustration 😉 )

  2. Alicia dit :

    Ton premier partenariat s’est bien passé alors ^^

  3. lapublivore dit :

    @ Azilis : oui, belle illustration 😉 Merci !
    @Alicia : oui, impec, merci !! Et j’attends le prochain (je regresse, ce sera un livre jeunesse lol)

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