Basil, W. Wilkie Collins


Basil appartient à une famille noble britannique de l’époque victorienne, au sein d’une fratrie de 3 (sa soeur bien aimée, Clara, et l’aîné, Ralf, enfant terrible de la famille qui vit en marge et n’accepte pas les contraintes liées à sa position), et auprès d’un père veuf, habitant dans une gigantesque propriété Londonienne. Le chef de famille est un homme d’honneur, strict, très attaché à ses valeurs, et un personnage tout en retenue. Il élève ses enfants avec comme leitmotiv l’obéissance qui lui est due, le respect de la lignée, et le sens du devoir. Basil se plie à cette éducation victorienne, honore le nom de son père, devant lequel il se trouve souvent littéralement liquéfié dès qu’il lui fait la moindre remarque.

Basil va cependant « tomber sur la tête » en s’emmourachant, d’un simple regard dans un fiacre,  d’une jeune fille issue de la simple bourgeoisie, Margaret, fille de « marchand de blanc » ! Fou d’amour, incapable de partager sa joie auprès de sa famille, il décide de l’épouser en cachette, malgré la différence de rang social. Il va même accepter des conditions incroyables, imposées par son beau-père : il épousera Margaret dans la semaine, mais consent à ne vivre avec elle que dans un an ! C’est là que les ennuis commencent…

Au delà de la critique sociale de l’époque, ce livre est fascinant.  Classé parmi les romans policiers (style que je n’affectionne pas plus que ça), je m’attendais à une enquête criminelle, des macchabés dans les placards, et les grosses ficelles qui vont avec dont j’ai horreur. Mais en fait, ce roman est très fin – le suspense est au RDV : les pires moments sont à peine évoqués, tandis que les descriptions forcent nos sens à travailler (ouie, vue, touchers sont très présents : on entend le grondement du tonnerre, on touche les froissements de tissus, on sent l’électricité dans l’air et les chevaux qui écument !). C’est sans doute là que réside la force de ce livre.

Basil, le pauvre, aveuglé par l’amour et sa naïveté, se laisse piéger par des personnages machiavéliques et par celle qu’il adore… Les coups sournois, les vengeances fusent, le tout, dans l’ambiance policée et retenue du XIXeme (et sans personnages qui s’entretuent). Un très bon moment de lecture.

Petit bémol cependant : j’ai trouvé que Collins n’a pas assez passé de temps à décrire la psychologie des personnages, ce qui est relativement dommage, surtout lorsque le mode de vie, la ville, et la campagne sont si bien dépeints.

J’ai beaucoup aimé mais je pense lire d’autres ouvrages de cet auteur sans doute plus reconnus.

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A propos lapublivore

Bienvenue sur mon blog de lecture ! Juste une envie de partager mes coups de cœur, mes coups de griffe, et mon amour des livres. Je ne peux m'empêcher, de façon générale, de donner mon avis sur tout, alors maintenant, c'est officiel -en ce qui concerne les bouquins du moins- je sévis sur la toile :) Bonnes lectures à tous
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